La situation des nomades est différente
Un touriste a besoin d'une connexion fiable pendant deux semaines. Un nomade numérique a besoin d'une connexion fiable dans trois pays ce mois-ci, puis dans trois autres le mois prochain. Les priorités changent. Vous vous souciez moins de trouver le forfait le moins cher possible pour un seul pays et davantage d'avoir un système qui ne nécessite pas deux heures de recherche à chaque fois que vous passez une frontière.
Il existe deux stratégies principales, et chacune présente de réels compromis.
Stratégie n° 1 : les forfaits eSIM internationaux
Des fournisseurs comme Discover+ d'Airalo ou les forfaits mondiaux de Holafly couvrent plus de 100 pays avec un seul profil. Vous l'installez une fois et il fonctionne où que vous alliez. Pratique. Pas besoin de faire des recherches avant chaque nouveau pays.
L'inconvénient, c'est le prix. Les forfaits mondiaux coûtent plus cher au Go que les forfaits spécifiques à un pays sur la plupart des marchés. Vous payez pour la commodité, et le tarif au Go peut être 2 à 3 fois plus élevé que ce que vous paieriez en achetant un forfait local pour la même destination. Pour ceux qui se déplacent rapidement et visitent 4 à 5 pays en un mois, ce supplément en vaut la peine. Pour quelqu'un qui passe 3 à 4 semaines dans chaque endroit, cela revient cher.
La vitesse des forfaits internationaux varie également. Certains forfaits internationaux passent par des réseaux partenaires moins performants. Si vous passez vos journées en visioconférence, cela a son importance.
Stratégie n° 2 : forfaits eSIM par pays
Achetez une nouvelle eSIM pour chaque pays. Cela demande plus d'efforts, mais revient souvent 30 à 50 % moins cher en Asie et en Europe de l'Est. Le calcul est convaincant : dépenser 8 $ au lieu de 20 $ pour la Thaïlande, puis 10 $ au lieu de 25 $ pour le Vietnam, cela s'accumule rapidement lorsque vous faites cela toutes les quelques semaines.
Le coût opérationnel est bien réel. Vous devez rechercher des forfaits avant chaque déplacement, acheter à l'avance (certains forfaits doivent être activés via le Wi-Fi) et gérer plusieurs profils eSIM. Un téléphone doté d'une bonne capacité de stockage pour les eSIM est utile. Supprimez les anciens profils une fois que vous en avez fini pour garder une bonne organisation.
Le hotspot est indispensable
C'est la chose la plus importante de tout ce guide. Si vous travaillez à distance, vous avez besoin d'un hotspot. Point final. Vous ne pouvez pas partir du principe que le café ou l'espace de coworking dispose d'un Wi-Fi fiable, et vous vous retrouverez tôt ou tard dans une situation où votre ordinateur portable sera votre seule option.
De nombreux forfaits, en particulier ceux dits « illimités » destinés aux particuliers, désactivent le hotspot ou le ralentissent à des vitesses inutilisables après une petite limite quotidienne. Cela prend constamment les nomades de court. Lisez attentivement les conditions générales du forfait, en particulier celles concernant le partage de connexion et le hotspot, avant de souscrire. Il devrait y avoir une mention explicite telle que « hotspot inclus » ou une icône de hotspot dans les fonctionnalités.
La vitesse est plus importante que le volume de données pour le travail
Un forfait « illimité » qui limite le débit à 1 Mbps après 1 Go est inutile pour un appel vidéo. Recherchez des forfaits offrant un débit haut débit garanti pour au moins 10 à 15 Go avant toute limitation. Pour la plupart des journées de travail, 5 à 10 Go de données à haut débit suffisent et ne nécessitent pas un budget énorme.
La 5G est véritablement utile au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan, à Singapour et dans la plupart des grandes villes européennes. En Asie du Sud-Est, en dehors de Bangkok et de Hô Chi Minh-Ville, la 4G reste la norme.
Des habitudes de gestion des données utiles
Téléchargez des cartes hors ligne avant de quitter votre hébergement. Google Maps et Maps.me prennent tous deux en charge cette fonctionnalité. Une carte hors ligne de 300 Mo peut vous faire économiser des centaines de Mo par jour en requêtes de tuiles cartographiques.
Téléchargez des playlists sur Spotify avant vos jours de voyage. Écouter de la musique en streaming pendant les longues journées de transit consomme inutilement du volume de données.
Utilisez Notion ou Obsidian pour vos notes avec synchronisation hors ligne. Conservez vos documents disponibles hors ligne afin de ne pas avoir à ouvrir Google Docs sur des connexions lentes.
Les clients de messagerie comme Spark ou Hey compressent mieux que le client par défaut de Gmail. Ce n'est pas une économie énorme, mais ça finit par compter.
La solution de secours dont vous avez réellement besoin
Conservez une carte SIM physique d'un opérateur fiable (d'une destination précédente ou de votre pays d'origine) dans un étui à cartes ou dans votre portefeuille. L'activation de l'eSIM peut échouer. Les systèmes des opérateurs peuvent tomber en panne. Vous pouvez également emporter un deuxième téléphone bon marché qui accepte les cartes SIM physiques comme appareil de secours. Ce n'est pas de la paranoïa ; c'est simplement une précaution pratique lorsque les données font partie de votre gagne-pain.
La réalité budgétaire
Si vous êtes stratégique, il est possible de dépenser entre 15 et 30 $ par mois pour les données mobiles dans la plupart des pays d'Asie et d'Europe de l'Est. Au Japon et en Australie, le prix se rapproche plutôt de 30 à 40 $ par mois. Les États-Unis et le Canada sont vraiment chers pour les eSIM de court séjour. L'Europe occidentale se situe quelque part entre les deux.
Les forfaits internationaux « illimités » proposés par des opérateurs connus coûtent généralement entre 50 et 80 $ par mois. C'est pratique, mais plus cher. Cela en vaut la peine si vous préférez consacrer votre temps à travailler plutôt qu'à rechercher des options de carte SIM.
